combat de la première brigade de spahis

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combat de la première brigade de spahis

Message  Admin le Mer 7 Oct - 20:05

Commandant de la brigade :

Colonel Jouffrault Paul (membre de l'Armée secrète il est arrêté le 4 août 1943 et déporté au camp de Natzweiler-Struthof où il y trouva la mort le 5 juin 1944.)


Insigne du 6° Régiment de Spahis Algériens
Insigne du 4° Régiment de Spahis Marocains


Organisation théorique d'un régiment de spahis.

La 1° BS est renforcée par le

20° GRCA (Lt-Cl Cottin),
par 3 pièces de 75 mm commandées par le Capitaine Chapuis, ces pièces sont issues des restes du 311° Régiment d' Artillerie Portée qui a été décimé en Champagne,

par un bataillon du 75° Régiment Régional originaire d'Alsace
et par 2 pièces antichar de 47 mm modèle 1937.

Juin 1940, Vallée du Rhône

Ce triste mois de juin 40 verra aussi d’autres spahis lutter héroïquement jusqu’à la dernière minute, pour la défense du sol national.
Après s’être battue en mai, d’abord au Luxembourg, puis à Longwy et dans les Ardennes, la 1° Brigade de spahis, commandée par le colonel Jouffrault et composée des 6° spahis algériens et 4° spahis marocains, se trouve transportée, en Savoie que menace la prochaine entrée en guerre de l’Italie. Partie le 5 juin à 1 h 40 de la gare d'Autry, la brigade atteignit la Savoie vingt sept heures plus tard, soit le 7 juin 1940.

Dix jours plus tard, les évènements s’étant précipités, elle reçoit de nouveau l’ordre de s’embarquer, pour être transportée vers l’Ouest. En effet, le 10 juin, les allemands, descendant la vallée de la Saône, approchent de Lyon, déclarée ville ouverte qu'ils atteignent le 19 juin.

A peine débarquée à Vienne, Saint-Rambert, et Saint-Vallier, la 1° Brigade reçoit la mission de ralentir la poussée ennemie dans la vallée du Rhône, au Sud de Lyon, à l’Ouest du fleuve.
Pendant la dernière semaine de la campagne, la ténacité et l’efficacité de sa résistance forceront l’admiration de tous.
Mis à la disposition du général Doyen, commandant le 18° CA, les deux régiments occupent des positions successives à l’Ouest du Rhône, pour finir par s’installer défensivement, dans la nuit du 20 au 21 juin, sur la ligne Annonay-Andance et à Condrieu, dont le pont est détruit le 20 Juin.


Pont de Condrieu avant et après et la protestation municipale.
"Jeudi 20 juin 1940, 10 heures les Généraux Hartung (gouverneur militaire de Lyon, NDLR) et Olry ont donné l'ordre à une équipe du 4éme génie de faire sauter le pont sur le Rhône, inauguré le 11 juillet 1937.
Cet ordre précipité n'était motivé par aucune urgence, les troupes allemandes se trouvant à ce moment là à une trentaine de kilomètre au nord; il a été exécuté malgré les protestation et les conseils de Mr Pierre Marchand maire des Roches de Condrieu qui avait demandé d'attendre la dernière extrémité et surtout en invoquant la demande d'armistice qui a en effet été signée quatre jours après, le 24 juin à 19h30.
Toute la population a été écœurée par la folie de destruction des ouvrages d'art dans la région = 50 ponts environs dans le Rhône et l' Isère".

Tandis que le 6° spahis doit interdire à l’ennemi l’axe Serrières-Andance-Sarras-Arras, le 4° est chargé de tenir le front Annonay (inclus), Andance (exclu).

Autours de Condrieu sont amassés le 6éme RSA (sauf l'escadron Fauré) le bataillon du 75° Régiment Régional originaire d'Alsace et les 2 pièces antichar de 47 mm modèle 1937.
A Annonay et Andance se trouve la moitié de l' escadron de mitrailleuses et engins et un 1/2 escadron du 4° RSM.
L'autre moitié de l' escadron de mitrailleuses et engins et un escadron du 4° RSM ainsi que deux pièces antichar de 25 mm sont placés en réserve à Pélussin.

Journée du 21 Juin


Carte des combats du 21 Juin.

L'avancée des troupes allemandes est renseigné par le 20 GRCA, par les employés des postes et par des particuliers dotés du téléphone.
L'ordre est donné aux troupes de se replier sur la ligne Annonay-Andance. Le 75 RR est transporté en réserve à Tournon.
La Brigade reçoit ce jour le renfort d'une batterie de 65 mm de montagne issue de la batterie d'instruction du 94° RAM de Nice. Cette pièce est commandée par le Lt Palloc.

Pièce de 65 mm de montagne modèle 1906 (portée max 5500 m.).

De nombreuses barricades sont organisées en point d'appuis (Davezieux, Saint-Cyr, Saint Etienne de Valoux, etc).
Des éléments du 6éme RSA et un 47 AC se répartissent sur les berges du Rhône entre Andance et Arras. L'escadron Chabot tient quant à lui le pont de Serrieres.



Forte de son expérience acquise lors des combats précédents, la brigade disperse ces 750 mines antichar sur le secteur, des réserves d' essences sont constituées dans les étages des maisons surplombant la route pour incendier les blindées et de nombreux fils de fer sont tendues en travers des routes dans le bute de tuer des motocyclistes allemands.

Durant la nuit une patrouille allemande constituée de moto et d'auto-mitrailleuse pénètrent dans St Vallier et y faisant prisonnier le groupe de la circulation routière s' y trouvant. Le pont St Vallier - Sarras se trouvent donc occupée par les troupes allemandes. Ces dernières envoient un civile s'enquérir du chef de la barricade se trouvant du côté de Sarras. Un sous officier se présente et est fait aussitôt prisonnier. Un groupe de 50 otages est constitué et placé sur le pont pour en prévenir sa destruction. Durant la nuit les troupes allemandes abandonne la position.

Pendant ce temps l'escadron Chabot repousse les attaques allemands jusqu'à 1h30, heure à laquelle il reçoit l'ordre de décrocher sur Annonay.

Une forte attaque est lancée sur Andance par un bataillon d'infanterie appuyé par des blindés, des mortiers et des pièces d'artilleries légères. Le PC du Lt-Cl Goutel est presque fait prisonnier et ne doit sont salut qu'a une contre attaque française.


Journée du 22 Juin


Carte des combats du 22 juin.

A 2h00 du matin le QG de la Brigade quitte Sarras pour Eclassan où il s'installe au "Chateau des Près" propriété du commandant de la Roque, chef de bataillon du 14éme BCA.



Le commandement de la XVIIIéme Armée est très impressionné par l'intensité des combats et fixe comme nouvelle ligne de défense la ligne "Annonay-Ardoix-Tournon". Le point d'appuis de Sarras doit tenir aussi longtemps que possible pour permettre le décrochage des unités du secteur.
Le colonel Jouffraut est fortement opposé à cette ordre, jugeant que les berges du Rhône sont la meilleures des défenses. Les échecs allemands de la vieille illustrent son propos.
Le Général Doyen quitte sont PC de Lamastre pour se rendre compte par lui même de la situation, constatant la qualité des emplacements et le moral des troupes, il décide d'annuler son ordre.
L'escadron XXXXX est mis en réserve à Saint Jeure d'AY, la pièce de 47 AC et affecté au 75° RR.

La batterie du sous-lieutenant Palloc du 94° RAM harcelle les positions allemandes et les convois autours d' Andancette.
Des unités allemandes dépasse St Vallier mais butent à Tournon sur les P-A du 75° RR.


Carte des combats d' Andance le 22 juin

A 13h 50 une forte attaque est lancée sur le pont d' Andance appuyé par des avions, les combats durent 45 minutes. Les spahis tiennent toujours le pont.



A 19h Andance est victime d'une forte préparation d'artillerie, les Batteries Bulloc et Chapuis sont prise à partie par des obusiers lourds de 150 mm allemand. Une pièce est détruite et une autre retournée. Un escadron de spahis est renvoyé en renfort ainsi qu'un camion une ambulance et un médecin. Malgré le tir ennemis les pièces d'artilleries et les blessés sont évacué sur la côte 351.
A 22h une très forte attaque est lancée contre Andance. Pour soulager la localité, l'escadron Saint Quentin du 4° RSM doit lancer une attaque de diversion sur les arrières des troupes allemandes.
Dans la municipalité un combat de rue à commencé, l'escadron Gieure doté d'un 25 mm AC et de deux mitrailleuses Hotchkiss est encerclée dans le Nord de la ville. Les spahis arrivent a s' échapper mais les servent des mitrailleuses et du 25 AC ne voulant pas abandonner leurs pièces décide de combattre "sans esprit de recul". dans le centre ville, la municipalité est défendu maison par maison, les troupes d'assaut allemandes à court de grenades et surprise par la résistance des spahis se replient. Au même moment les deux escadrons du capitaines de St Quentin surgissent sur leurs arrières. Les allemands doivent abandonner Andancette.
Malgré le succès de la journée, le Général doyen donne l'ordre au troupes d'évacuer la ville à 0h15.

Le 4éme escadron du 6RSA est envoyé à Ardoix pour bloqué la vallée de l' AY.

Journée du 23 Juin

La batterie de 75 mm s'installe à la ferme de Bille, à 1,5 km au nord-est d' Eclassan. Au levé du jours cette dernière ouvre le feu sur des convois allemands sur la route de Saint-Vallier.

Du haut des tours du "château des près" situé à 450 m d'altitude le colonel Jouffrault voit se mettre en place de très nombreuses batteries d'artilleries.

Les généraux Freydenberg* et Doyen visitent le QG de la Brigade et félicitent les troupes pour leurs bravoures

*Le général Henr Freydenberg est né en 1876 et à fait sa carrière dans les troupes coloniales.
En septembre 1939, il est rappeler de sa retraire, et prend le commandement du corps colonial, puis le 5 juin 1940, il remplace le général Huntziger à la tête de la II armée, celui ci devient commandent d'un groupe d'armée. Le 12 juin devant la pression des forces allemandes, il porte son PC à Chateauvillain (hautes Marne) à 180 kilomètres de ses unité qui sont au contact des allemands. Le 13 juin, il ordonne au général Flavigny, chef du 21e CA de se replier "sans préoccupation d'alignement". Le lendemain l'ordre est renouvelé, Freydenberg porte son PC à Bourbonne les bains sur les arrières de la IIIe armée du général Condé. Celui ci écrit: "J'apprends que Freydenberg est à Bourbonne, loin derrière moi et au milieu de ma zone, à 160 kilomètres de la droite de son front. C'est renoncer à exercer son commandement dans les circonstances où il se trouve".
Les ordres donné le 15 juin au corps d'armée colonial du général Carles et au 21e CA est de "se replié le plus vite possible sans se préoccuper des voisins".
Lorsqu'il apprends l'ordre donner, le général Roucaud (1e DIC) s'exclame "La IIe armée s'est replié très loin et n'a guère de contact avec ses corps d'armée. Le général Freydenberg en sait assez cependant pour se mettre à l'abri et pour recommander au Corps d'armée colonial de foutre le camps!"
Le 15 juin, à Besançon, Freydenberg demande au général Prételat d'être placé en réserve de commandement, Prételat refuse, malgré tout l'état major suivra Freydenberg. L'EM de la IIe armée est à Louhans le 17, à Saint Galmier, le 18, à Tournon, le 19 juin, et le jours de l'armistice l'EM se trouve dans un séminaire à Aubenas.
Replacer dans les cadres de réserve en juillet 1940, il décède le 20 aout 1975 à l'age de 99 ans.
Le commandent Valluy chef du 3e bureau du 21e CA a écrit: "plusieurs milliers d'officier en retraite savent désormais que la IIe armée a fui".


Fanion de commandement du général Freydenberg (collection privée).

En début de mâtiné les allemands sont de retour à Andance et lance une patrouille en direction de Sarras. A 2 kilomètre au sud, ils rencontrent l'escadron Gieure qui avait été porté disparu durant la nuit et qui tente de regagner les lignes françaises à pied. Les spahis se retranchent dans une ferme et s'y battent jusqu'à la dernière cartouche.

Une embuscade est tendu par le 20 GRCA et un escadron du 4° RSM sur la route d'Andance à Serrières. Des camions allemands sont arrêtés. Dans lesquels se trouvent le lieutenant Gieure et 25 Spahis.

1°) Organisation des défenses :



Figure 1 : Défense française de la ville.

Le 1° groupe escadron du 6° RSA assure la défense de la ville de Sarras. Des barricades sont établies sur les principales voies de communications. Deux barrages successifs sont établis sur la RN 7 au nord de la ville. Le premier se trouve au niveau du pont sur la rive Ay, le second se trouve en retrait u niveau des premières maisons de l’agglomération. Ces barrages sont tenus par le Peloton du lieutenant Guettaz. Une autre barricade est établie sur le pont entre Sarras et St Vallier, elle est commandée par le Maréchal des logis Van plouck. Le premier escadron est appuyé par une pièce de 25 mm AT provenant et deux mitrailleuses provenant du 5éme escadron du régiment et par une pièce de 47 mm.

Combat du 23 juin :

A 11h une colonne allemande en provenance d'Andance se heurte à la barricade sur le pont routier de la rivière d'Ay tenue par le lieutenant Guettaf qui les reçoit malgré une ruse de ces derniers à coups de 24/29. Une importante préparation d'artillerie est déclenchée sur le nord de Sarras. Le pont ferroviaire est rapidement pris, mais une contre attaque à la baïonnette et à la grenade est mené par la section du Lt Fourquet du 2éme escadron qui trouve la mort durant cette action. Les allemands se replient dans un vergé entre le pont ferroviaire et le Rhône.


vue des ponts sur l'Ay à Sarras, le pont routier se trouve sur la droite.

Le barrage sur le pont routier est pris à partie par 6 chars, sous la pression il est abandonné au profit du second barrage 200 m en retrait. Ce barrage est installé derrière des maisons, dans les étages de ces dernières de l'essence est stocké pour pouvoir incendier les chars. Des spahis rampent jusqu'au char pour essayer de placer sous leurs chenilles des mines AC.
Les chars ne pouvant plus avancer une attaque d'infanterie est menée à travers les vergés, les jardins et les maisons pour essayer de déborder la seconde barricade. Une contre-attaque est menée par la section du Lt Tramoni se trouvant en réserve dans le centre de la ville ce dernier trouve lui aussi la mort dans cette action. A court de munitions les chars allemands se retirent.


Figure 2 : Carte récapitulatives des combats du 23 juin.

Une attaque est lancée à l'est à partir de St Vallier ayant pour bute la prise du pont, le chef de poste le Maréchal des logis Van Pouck est tué lors de l'action. Les allemands progressent ensuite vers le centre de la ville. La situation devient plus critique à 13 heures lorsqu’une attaque est lancée sur la barricade nord ouvrant ainsi un deuxième « front ». Néanmoins l'escadron Tramoni réussi à maintenir la situation.
A 14 h les troupes allemandes arrivent en vue du passage à niveau au sud de la ville.
L'escadron Guettaf exténué par les combats est remplacé par celui de Pazzis.
A 14h15 les allemands entrent dans la poste de St vallier mettant fin ainsi aux communications entre les différents éléments de la brigade. La batterie Chapuis ne pouvant pas agir efficacement pour la défense de Sarras, une pièce est déplacée sur la route de Saint Jeure d’ay à Saint Vallier. Elle est installée à 1,4 kilomètres sur les hauteurs de la ville.
Le pont de Saint Vallier est pris à partie par cette pièce de 75 mm à la 6éme salve les charges de destructions misent en place par le génie sont touchées, le pont s'écroule à 16h. Relachant ainsi la pression sur les défenseurs du sud-est de la ville. Durant le reste de la journée la pression allemande sur lae nord de la ville. La nuit est marque par de nombreuses escarmouches entre les spahis et des éléments allemands s’infiltrant dans les vergés.

Combat du 23 Juin dans le secteur d'Annonay :

Des éléments d'infanterie motorisées progressent sur la route de Serrieres à Annonay jusqu' aux barrages établis à la croix de la justice, Davezieux et St Cyr.
A 16 heures après une préparation d'artillerie une attaque est lancée sur ces barrages. Un char explose sur une mine à la Croix de justice ce qui met fin à l'attaque. Néanmoins les allemands réussissent à prendre pied dans le nord de Davezieux entres les escadrons Leroy et Almont. Les allemands se replient en laissant sur le terrain un PaK 37 endommagé. Seul me saillant au Nord de Davézieux est encore tenu.


Photo d'un PaK 37 prise en mai 1940

A 17 heures et 18 heures de nouvelles attaques sont lancées sans succès. Le général Doyen donne l'ordre de se replier au nord d'annonay (Vidalons) et au sud de Davezieux. Epuisés les allemands ne poursuivent pas les troupes français et se replie sur Serrières.


Carte des combat du 23 dans le secteur d' Annonay. Les attaques allemandes de 16 h et 18 h y sont représentées ainsi que le replie français et la réoccupations de la premières ligne de défense dans la soirée suite au replie allemand. La manœuvre de débordement du 20 GRCA est aussi représentée, elle vise à harceler les arrières des troupes allemandes.

Journée du 24 Juin

La nuit du 23 au 24 est à peu prés calme mais, le 24 au matin, les attaques allemandes reprennent, menées par une infanterie nombreuse, appuyée par des chars et de l’artillerie.
Nouvelles attaques en direction d'Annonay, le 4° RSM résiste appuyé par les pièces de 65 mm misent en batterie à Félix. Les avants postes de Davezieux et de la Croix de justice sont de nouveau abandonnés. vers 16 heures les lignes de défenses françaises (5 escadrons) se fixent sur le ravin de Cance appuyée par les 3 canon de 65 mm en batterie à Felix eux même protégés par deux barrages comprenant chaqu'un un 25 mm AC.
L'infanterie allemande progresse en direction d'Annonay une voiture blindée et détruite et une autre endommagée par les mines placées sur la route. Néanmoins la ville est atteinte, mais les troupes allemandes hésitent à pénétrer dans la ville préférant la contourner atteignant ainsi la ligne de défense du ravin de Gully ou les spahis livrent de nombreux combat au corps à corps. Les pièces de 65 mm ouvrent le feu. Le contournement de la ville est payant, des élément s'approche des pièces de 65 mm qui tirent au débouché, vers 18 heures le QG du Capitaine Chapuis est pris, le personnel s'échappe en abandonnant leurs véhicules et matériel.
Le lieutenant Mohamed et sa compagnie en réserve à Quintinas le lance dans une charge sabre au clair en direction d'aznnonay, les allemands d'abord surpris évacuent la route mais à Beaumarais ils opposent une sérieuse résistance. Les spahis sont obligés de décrocher en direction de Roiffieux où seulement 6 hommes arrivent. Les combat dans le ravin de Gance sont désespérés entre 19 heures et 20 heures. Le ravin est pris à partie par des mortiers légers et lourds, les spahis ne disposent quant à eux que de leurs mousquetons pour ce défendre.
Sur l'arrière des unités allemandes la compagnie Dauger tient toujours le "Pont des chevaliers" à la sortie sud d'annonay et intercepte les colonnes d'approvisionnement et d'évacuation allemandes.
Les pièces de 25 mm AC protégeant la batterie de 65 mm a été évacué en direction de Quintenas. Les combats au sud d'Annonay sont intenses jusqu'à 22 heures puis diminues progressivement jusqu' au replis des allemands mis à mal par la campagnie Dauger au pont des chevaliers qui empêchent tout ravitaillement par route.



A Sarras la situation devient de plus en plus difficile, à 7h00 les allemands ont infiltré les hauteurs autours de la ville essayant d'encercler la ville, mais heureusement la compagnie Vezin en réserve sur les hauteurs à l'ouest de la ville contrecarra la manoeuvre. A 8h15 un préparation d'artillerie s'abat sur la ville suivit par un assaut. Un rude combat de rue s'ensuit, les troupes française peut à peut du terrain. A 10 heures seul la partie ouest de la ville est encore tenue couverte depuis les hauteurs par la compagnie Vezins. Vers 10 h 15, cette compagnie est prise pour cible par l'artillerie allemande puis un assaut est lancé contre elle dans le but d'encercler les derniers défenseurs d la ville. Néanmoins la majorités des forces arrivent a échapper à la nase. Seul quelques élément du 1° escadron sont pris au pièges et se défendent jusqu' à la dernière cartouche (capitaine de Luget, Lt Pazzis et quelques spahis sont fait prisonniers).


carte récapitulative des combats du 24 juin à Sarras.

Vers 12 heures la brigade est renforcée par l'arrivée de 10 officiers et 200 hommes (dont des gardes mobiles) sous les ordres du LT-Cl Durand de Villers qui sont dirigés vers Sécheras et Lemps. Leurs mission est d'interdire l'accès au plateau d'Eclassan et de Tournon.
Deux compagnies de spahis (Lt de Fournoux) en réserve à Ardoix sont envoyés en arrières des troupes allemandes au nord de Sarras dans le bute de libérer les prisonniers capturés à Sarras. Depuis les hauteurs de Sarras Fournoux aperçoit une colonne de camions allemand à l'arrêt, il fait ouvrir le feu (mousquetons et 6 24/29). Les allemands répliquent par un tir de MG34 situés dans les ruines du château de Revirans. Les spahis décrochent. Des tirs d'artillerie battent les hauteurs pour neutralisés les différents troupes de harcèlement françaises. Trois avions d'observations allemands essaient de les repérer. Du fait des raides mener sur les arrières gardes allemandes la pression se relâche sur Sarras.
Durant la nuit les troupes françaises se replient sur la ligne St Romain- St Jeure d'Ay Cheminas. Les troupes encerclés dans Annonay force le passage sur le pont des chevaliers. 17 Spahis et 37 Chevaux se présentent dans les lignes françaises.

Le cessé le feux entre en vigueur le 25 juin. Les spahis restent sur place jusqu'au 1er juillet.
A Tournon le 75 RR abat un avion allemand (1 seul avion allemand semble avoir été abattu dans la région durant la période, il s'agit d'un Henschel 126 revendiquer par la chasse française, NDLR)

Toute la journée, les deux régiments vont lutter pied à pied, n’évacuant les positions d’avant-poste qu’après plusieurs heures de combat, résistant dans Sarras jusqu’à la fin de la matinée et aux débouchés Nord d’Annonay jusqu’au milieu de l’après-midi.
Ce n’est que vers 20h30 que la région d’Annonay sera abandonnée sur ordre du commandement.
Mais les spahis se cramponnent au terrain et, lorsque l’ordre de suspension des hostilités survient le 25 juin à 0 heure, il trouve la 1° Brigade de spahis prête à affronter de nouvelles attaques de l’ennemi sur une ligne allant du Sud d’Annonay aux abords de Sarras.
La route de Marseille, à l’Ouest du Rhône, est toujours barrée à l’envahisseur.

a) Citation à l'ordre de l'armée du général Weygand en date du 9 août 1940 :
«Splendide brigade commandée par le colonel Jouffrault composée du 6e RSA ( lieutenant-colonel de Goutel) et du 4e RSM (chef d'escadron Brunot)» qui, au cours des journées des 21, 22, 23 et 24 juin 1940, devant un ennemi supérieur en nombre et en matériels, grisée par une avance rapide, non seulement a brillamment résisté à ses attaques, mais l'a contre-attaqué à différentes reprises, le rejetant de positions conquises, et, montrant dans une mission de sacrifice un moral remarquable, a lutté jusqu'à l'épuisement total de ses forces pour l'honneur de nos armes»


Sources:
- "La bataille des Alpes 10-25 juin 1940" (General E. Plan and Eric Lefèvre)
- "La campagne de 1940" (Christine Levisse-Touzé)
- "Les Spahis au feu, la 1e Brigade de Spahis pendant la campagne 1939-1940" (Général P. Jouffrault) édition Lavauzelle. 272 pages - ISBN 2702508839, réédition, original de 1948 (17 septembre 2008)
- "Mai - Juin 1940 : les combattants de l'honneur" (Jean Delmas, Paul Devautour and Eric Lefèvre)
- "La bataille des Alpes 1939/1940” – Gazette des uniformes hors-série n°10
- Bulletin de liaison de l’association des amis du musée du canon et des artilleurs n°15 (juin 1995) – L’artillerie dans la bataille des Alpes en 1940, 1ère partie – Zone Nord.
- Collectif : "18 juin au 24 juin 1940. Combats retardateurs de la première Brigade de Spahis (4° RSM & 6° RSA). Pour la France, dans la vallée du Rhône : "sauvegarder l'essentiel" pp 10, 15. Bulletin de l'association "le Bournous" nouvelle série N°37 décembre 2007.

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